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"les fonds d’investissement, c’est comme les tiques, ça suce le sang" : les 48 salariés de la papeterie cenpa (67) perdent leur emploi
Source : France 3 - région Grand Est.
L’usine de papeterie Cenpa, à Schweighouse-sur-Moder (Bas-Rhin), cessera définitivement son activité le 14 juin prochain, après avoir été placée en liquidation judiciaire. Les 48 salariés du site s’estiment trahis par leur actionnaire, un fonds d’investissement allemand.
Sacrifiés sur l’autel du profit des actionnaires. Tel est le sentiment des 48 salariés de la papeterie Cenpa de Schweighouse-sur-Moder (Bas-Rhin), spécialisée dans la transformation de papier recyclé. Placée en liquidation judiciaire, le 1er juin dernier, elle fermera définitivement ses portes le 14 juin. L’issue de 18 mois de redressement judiciaire au cours desquels une vingtaine de repreneurs se sont manifestés, sans qu’aucun ne concrétise sa proposition.
À quelques jours de l’arrêt définitif de l’activité, les employés se sont rassemblés devant le site pour un grand barbecue solidaire afin d'exprimer ensemble leur colère et leurs inquiétudes. "On est en plein deuil, se désole Sébastien Lang, délégué syndical FO au sein de l’entreprise. On a été sacrifiés par notre actionnaire et on a du mal à l’accepter".
Un fonds d'investissement allemand
Un actionnaire, le fonds d’investissement allemand Accursia Capital GmbH avait racheté la papeterie en 2022. L’année suivante avait été marquée par un chiffre d’affaires de 33 millions d’euros. Selon Sébastien Lang, "le propriétaire est venu se servir en prenant plus de 4 millions d’euros de bénéfices, mais il n’a rien fait pour la société".
"C’est un site vieillissant, abonde le directeur général du site, Dimitri Mager. Il nécessitait des investissements qui n’ont pas été faits. C’est un gâchis pour le tissu industriel."
L'été dernier, la papeterie bas-rhinoise était pourtant parvenue à retrouver un équilibre financier grâce à un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) marqué par le départ de 38 salariés et une concentration de la production sur le papier hygiénique recyclé. Une restructuration qui n’aura pas suffi à sauver le site. "Maintenant qu’on a besoin de notre actionnaire, il ne donne plus signe de vie, dénonce Sébastien Lang. Les fonds d’investissement, c’est comme les tiques. Ils nous ont sucé le sang. Maintenant on est morts, et notre actionnaire s’en va."
Une situation qui se répète
Et de rappeler que la même situation s’est produite dans la papeterie Stenpa, basée dans la Meuse, détenue par le même propriétaire. Le site lorrain a en effet connu le même sort funeste que Cenpa. "En France, on laisse agir ces fonds d’investissement vautours. Ils prennent l’argent, et quand l’entreprise ferme, c’est l’État français qui paye. Ce n’est pas normal", ajoute le représentant des salariés.
« En France, on laisse agir ces fonds d’investissement vautours. Ils prennent l’argent, et quand l’entreprise ferme, c’est l’État français qui paye ». Sébastien Lang le Délégué syndical FO
Les 48 salariés réclament qu’Accursia Capital prenne en charge le financement du PSE, avec octroi de primes supra-légales. D’autant que nombreux sont des anciens qui craignent de ne pas retrouver d’emploi. "Mon père a fait une carrière longue ici. Mes trois frères aussi. Et moi, j’y suis depuis 35 ans, raconte Remy Fix, cariste sur le site. On a mal au cœur."
La fermeture de la papeterie Centa marquera la fin d’un long chapitre industriel du secteur. L’entreprise, spécialisée au départ dans les activités de teinturerie, existait depuis 1793.
Sacrifiés sur l’autel du profit des actionnaires. Tel est le sentiment des 48 salariés de la papeterie Cenpa de Schweighouse-sur-Moder (Bas-Rhin), spécialisée dans la transformation de papier recyclé. Placée en liquidation judiciaire, le 1er juin dernier, elle fermera définitivement ses portes le 14 juin. L’issue de 18 mois de redressement judiciaire au cours desquels une vingtaine de repreneurs se sont manifestés, sans qu’aucun ne concrétise sa proposition.
À quelques jours de l’arrêt définitif de l’activité, les employés se sont rassemblés devant le site pour un grand barbecue solidaire afin d'exprimer ensemble leur colère et leurs inquiétudes. "On est en plein deuil, se désole Sébastien Lang, délégué syndical FO au sein de l’entreprise. On a été sacrifiés par notre actionnaire et on a du mal à l’accepter".
Un fonds d'investissement allemand
Un actionnaire, le fonds d’investissement allemand Accursia Capital GmbH avait racheté la papeterie en 2022. L’année suivante avait été marquée par un chiffre d’affaires de 33 millions d’euros. Selon Sébastien Lang, "le propriétaire est venu se servir en prenant plus de 4 millions d’euros de bénéfices, mais il n’a rien fait pour la société".
"C’est un site vieillissant, abonde le directeur général du site, Dimitri Mager. Il nécessitait des investissements qui n’ont pas été faits. C’est un gâchis pour le tissu industriel."
L'été dernier, la papeterie bas-rhinoise était pourtant parvenue à retrouver un équilibre financier grâce à un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) marqué par le départ de 38 salariés et une concentration de la production sur le papier hygiénique recyclé. Une restructuration qui n’aura pas suffi à sauver le site. "Maintenant qu’on a besoin de notre actionnaire, il ne donne plus signe de vie, dénonce Sébastien Lang. Les fonds d’investissement, c’est comme les tiques. Ils nous ont sucé le sang. Maintenant on est morts, et notre actionnaire s’en va."
Une situation qui se répète
Et de rappeler que la même situation s’est produite dans la papeterie Stenpa, basée dans la Meuse, détenue par le même propriétaire. Le site lorrain a en effet connu le même sort funeste que Cenpa. "En France, on laisse agir ces fonds d’investissement vautours. Ils prennent l’argent, et quand l’entreprise ferme, c’est l’État français qui paye. Ce n’est pas normal", ajoute le représentant des salariés.
« En France, on laisse agir ces fonds d’investissement vautours. Ils prennent l’argent, et quand l’entreprise ferme, c’est l’État français qui paye ». Sébastien Lang le Délégué syndical FO
Les 48 salariés réclament qu’Accursia Capital prenne en charge le financement du PSE, avec octroi de primes supra-légales. D’autant que nombreux sont des anciens qui craignent de ne pas retrouver d’emploi. "Mon père a fait une carrière longue ici. Mes trois frères aussi. Et moi, j’y suis depuis 35 ans, raconte Remy Fix, cariste sur le site. On a mal au cœur."
La fermeture de la papeterie Centa marquera la fin d’un long chapitre industriel du secteur. L’entreprise, spécialisée au départ dans les activités de teinturerie, existait depuis 1793.

